Malgré leur spectaculaire sortie de route dimanche lors de la quatrième spéciale du rallye du Queensland, Jean-Louis Leyraud et son copilote, Ben Searcy, sont sortis indemnes du choc. Plus de peur que de mal pour le duo qui a perdu dans l'affaire toute chance de remporter la Coupe Asie-Pacifique. Jean-Louis Leyraud revient sur cette course.« Je pense que la chance n'est pas avec nous pour ce début de saison 2009. En effet, après une casse moteur dans le rallye de Nouvelle-Calédonie, le rallye du Queensland nous a apporté lui aussi son lot de problèmes. Dimanche, j'ai abordé la dernière étape, conscient qu'il serait difficile d'aller chercher Hayden Paddon à la régulière, mais sachant que, dans un rallye, tout peut arriver. La suite allait me donner raison, sauf que je n'imaginais pas pour nous une telle fin de rallye ! Nous avons commencé cette journée par les deux mêmes spéciales que la veille et tout de suite j'ai senti que j'étais dans le coup et que nous allions certainement faire un bon temps. Les réglages de la voiture et les pneus étaient parfaits. Malheureusement, au milieu de la spéciale, la quatrième me lâchait et j'étais obligé de passer directement de troisième en cinquième, ce qui nous faisait perdre un temps précieux. Je gérais donc la spéciale suivante en me concentrant au maximum, de façon à rentrer à l'assistance pour changer la boîte de vitesses. Ce que les mécanos réussissaient en vingt-cinq minutes. Cinquante secondes de pénalité nous étaient décomptées car nous avions cinq minutes de retard au pointage. Je décidais alors de terminer le rallye tranquillement pour garder notre deuxième place à la Coupe du Pacifique. Il nous restait cinq spéciales à parcourir. La première spéciale s'est très bien passée et nous avons fait un excellent temps, devançant même Emma Gilmour, pilote officiel de Motor Image sur Impreza. La deuxième spéciale s'est également très bien déroulée jusqu'à un kilomètre de l'arrivée où, sur une bosse très rapide suivie d'une droite, je n'ai pas pris la bonne trajectoire et j'ai dérapé, ne pouvant plus contrôler la voiture. Elle est montée sur le bas-côté pour aller s'arrêter de l'autre côté de la route après avoir tourbillonné en l'air pendant vingt mètres et effectué plusieurs tonneaux pour finalement s'immobiliser sur les roues. Pendant les quelques secondes qu'a duré l'accident, nous avons toujours eu l'impression d'être dans une bulle, protégé par l'arceau de sécurité. Les données enregistrées par l'ordinateur de bord ont indiqué une vitesse de 176 km/h au moment où la voiture a commencé à glisser et, pendant l'accident, un impact de 5,1 G (la voiture pesait à cet instant cinq fois son poids, Ndlr). « La voiture va donc pouvoir être refaite à neuf » Je ne peux que me féliciter des progrès qui ont été faits en matière de sécurité des voitures de course. Le fait d'être collé au siège baquet par le harnais de sécurité serré à fond, de façon à subir le moins possible l'impact en cas d'accident, m'a donné raison dans cet accident à grande vitesse, le premier de toute ma carrière en rallye, à cette vitesse. Le système de sécurité HANS, harnais en carbone qui passe sous le harnais de sécurité et qui remonte derrière la tête pour venir se fixer sur le casque de façon à ce que, en cas de choc violent, la tête soit maintenue latéralement et d'avant en arrière est vraiment une invention géniale pour la sécurité de l'équipage. Je peux dire maintenant que je l'ai testé ! J'invite d'ailleurs tous les concurrents calédoniens à l'utiliser, l'accident en compétition n'arrivant pas qu'aux autres. Une fois la voiture arrêtée, j'ai demandé à mon navigateur s'il allait bien et il m'a répondu : ³Fine². Alors nous sommes sortis de la voiture, pas sonnés du tout, incroyable et nous avons sorti le panneau OK pour prévenir la voiture suivante que nous n'avions pas de dommages corporels. Quand on voit la voiture, au premier abord on peut penser que c'est une épave, mais, après avoir démonté le capot et les ailes avant, on s'aperçoit que rien de vital n'est touché. C'est spectaculaire mais c'est juste de la tôle froissée. La voiture va donc pouvoir être refaite à neuf. Pour conclure, je dirais que ce rallye est vraiment un rallye très rapide, trop pour certains pilotes qui se sont plaints à l'organisation, mais c'est vrai que c'est à nous, pilotes, à adapter notre vitesse en fonction de la route. Le point négatif, c'est bien sûr cette sortie de route qui nous fait perdre notre deuxième place à la Coupe du Pacifique et le fait que la voiture soit abîmée. Mais nous sommes indemnes, et c'est le principal ! » (Source : Les Nouvelle-Calédonienne du 09 mai 2009) |